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L’allemand a gagné “le” sprint référence à Schoten devant Cavendish et Greipel

6 April 2016

Etixx se vexe et réagit

Le podium de la 104e édition leur a offert une publicité exceptionnelle: réunir Kittel, Cavendish et Greipel sur le même podium, c’était cautionner l’idée que le GP de l’Escaut avait bel et bien valeur de référence dans la répétition, sans doute ultime, aux Mondiaux de Doha en octobre. Car, hormis la classique d’Hambourg, en août, où la participation sera soumise aux sélections des JO et aux plages de repos des intéressés, le sprint de Schoten fut Royal et tres marqué par la griffe Allemande. A l’heure actuelle, nos voisins ont largement de quoi revendiquer l’arc-en-ciel avec Kittel, Greipel et Degenkolb. Cavendish, c’est une évidence, Theuns quatrième, c’est une bénédiction. Il manquait simplement les atouts français, Démare, Coquard, Bouhanni, absents pour diverses raisons afin de disserter déjà sur l’arc-en-ciel de Doha.
Dans l’immédiat, c’est chez Etixx qu’on discutait, avec raison. Vexée d’avoir loupé le wagon des classiques depuis l’ouverture au circuit Het Nieuwsblad, l’équipe belge a fait le gros dos, elle s’est accomodée de la supériorité d’adversaires qui, comme mercredi, se drapaient dans la confortable tenue d’outsider. Sans Kittel à Sanremo mais avec Boonen, Gaviria et Stybar, elle a cherché la solution sans pouvoir résoudre son besoin légitime de dominer, de contrôler. Elle y est parvenue, cette fois, au terme d’une course d’un jour absolument essentielle dans les desseins d’un sprinter. A fortiori si celui-ci était cité parmi les vainqueurs.
“Mais ce n’était pas évident”, avouait le vainqueur qui avait invité sa famille dans la course pour l’assister par rapport à son sacre.”Je passais un examen essentiel ce mercredi, a fortiori face à Cavendish. Je ne suis pas encore en mesure de donner un avis sur ma course, mon sprint, mais j’ai battu deux concurrents de taille par rapport à mon équipe qui a fourni un excellent travail. En premier lieu, c’est Etixx que je veux remercier car elle me fait confiance depuis mon recrutement.”

La victoire à Schoten, que l’on compare à juste titre au “championnat de monde des sprinters” adoube le choix du recrutement opéré l’hiver dernier par Patrick Lefevere: remplacer Cavendish, engager un coureur en fin de contrat dont plus personne ne voulait et présenter au départ du Giro mais surtout du Tour un finisseur potentiellement capable de remporter deux, voire trois étapes et le maillot vert. Ce qui permet de penser, avant Paris-Roubaix, que les stratégies ont bien changé chez Etixx en s’adaptant à la réalité: elle n’a plus la main sur les classiques flamandes (Tour des Flandres, Paris-Roubaix), mais elle s’adapte sur le reste: les sprints, et surtout les classiques ardennaises où elle nous sortira au moment voulu son Irlandais Dan Martin, sans parler du Français Alaphilippe, certes en récupération d’une mononucléose mais pour rappel sur le podium de la Flèche et de la Doyenne en 2015. En attendant, elle savoure sa première victoire du printemps en Belgique, après celle de Terpstra au GP Samyn.
Quadruple lauréat au GP de l’Escaut, Marcel Kittel est désormais dans la légende de celle-ci. L’autorité avec laquelle il a battu Cavendish et Greipel laisse à penser que le Tour, renforcé par les absents blessés ou à dessein, ne manquera pas de piment à l’approche des sprints massifs ou supposés. “Je ne vois pas aussi loin, je vis dans le présent”, a conclu Kittel, comme si une nouvelle vie reprenait pour lui. Ce qui n’est pas entièrement faux.

Source: LE SOIR, 07.04.16 par Stéphane Thirion

Photo: digitalclickx