retour à la liste

KITTEL REND SERVICE

6 April 2016

D’accord, Marcel Kittel ne fait pas partie du groupe des classiques chez Etixx-QuickStep “Ce n’est pas encore dans mes cordes”, admet-il. Normalement, sa victore aurait donc pu passer pour de la menue monnaie. Mais dans un contexte où la formation belge, d’habitude dominatrice à cette période de l’année, peine à tenir son rang depuis le début de la campagne des classiques, ce succès a redonné le sourire à ses équipiers. Et paradoxalement, c’est le sprinteur allemand, embauché cet hiver pour remplacer Mark Cavendish, qui comble le vide pour l’instant.

Après une victoire d’étape aux Trois Jours de la Panne la semaine dernière, il s’est imposé hier à Schoten sur cette classique certes intermédiaire entre le Tour des Flandres et Paris-Roubaix, mais importante à quatre jours de l’Enfer du Nord. “J’ai bien compris que c’était une semaine primordiale pour l’équipe, pour son histoire aussi”, affirmait Kittel après l’arrivée. “Ce qui me rend le plus heureux aujourd’hui, c’est d’avoir pu l’aider un peu, à ma manière.”
Certes, ce succès ne compensera pas la déception d’Etixx de n’avoir pu jouer le final du Tour des Flandres, dimanche dernier, mais il peut relancer la machine avant Paris-Roubaix.”C’est toujours difficile d’arriver dans une nouvelle équipe, de comprendre sa nature”, expliquait encore Kittel, hier. “En plus, comme je suis considéré comme un leader, parce que je peux ramener des victoires au sprint, c’est assez compliqué à gérer. Il faut gagner la confiance de ses coéquipiers.”

SAGAN, CANCELLARA ET BOONEN N’ONT PAS JOUÉ LES TOURISTES

Sa deuxième place au terme de la deuxième étape aux Trois Jours de la Panne, face à l’Italien Viviani, l’avait perturbé, avant qu’il ne se rattrape, le lendemain. “Il fallait à tout prix que je fasse comprendre à tout le monde que j’étais bien là.”
Marcel Kittel marche à la confiance, pas seulement la sienne, mais aussi celle de ses équipiers, qui lui ont bien mâché le travail, hier avant l’arrivée. On a même vu Tom Boonen aux premiers rangs pour aider son sprinteur, à une vingtaine de kilomètres de la ligne, comme si le quadruple vainqueur de Paris-Roubaix tenait lui aussi à “faire le job”, même s’il ne visait pas la victoire. Le leader historique d’Etixx-Quick Step, originaire de la Campine voisine, était là sur ses routes d’entraînement, et il s’est fait un devoir d’apporter sa contribution pour relancer son équipe sur une autre voie que celle de la soumission face à l’avènement du champion du monde Peter Sagan, vainqueur du Ronde. Lequel s’est aussi porté aux avant-postes à un moment donné, alors que Tom Boonen s’y trouvait justement, pour favoriser l’écrémage du peloton et limiter tout risque d’incidents.
Fabian Cancellara, qui assistait à la scène, n’a pas voulu être en reste et a lui aussi mis le nez à la fenêtre afin de bien montrer qu’il n’était pas venu en touriste sur les bords de l’Escaut. Mais, à force de pluie et de vent, la route et ses quelques pavés commençaient à devenir dangereux sur la fin, le moment pour les principaux prétendants à Paris-Roubaix de se relever, à moins de quinze kilomètres de l’arrivée. Il ne restait plus aux sprinteurs à conclure. Marcel Kittel, décrochant sa quatrième victoire ici, le record de l’épreuve, devant un ancien de la maison Etixx-Quick Step, Mark Cavendish. Tout un symbole.

Source: L’Equipe 07.04.16 par Philippe Le Gars, envoyé spécial

Photo: © Digitalclickx

Related news